Sur les ondes de France Culture ce lundi 2 novembre, Fabrice Luchini a rendu un hommage vibrant à Samuel Paty et à tous les professeurs.

C’est avec des trémolos dans la voix que Fabrice Luchini a pris la parole. Ce lundi 2 novembre, le comédien formidable orateur, a souhaité rendre un hommage vibrant à Samuel Paty. A travers ce professeur d’histoire-géographie décapité pour avoir enseigné la liberté d’expression à ses élèves; il a voulu saluer les enseignants. « Les meilleurs étaient peut-être encore c’est bon citoyen qu’étaient nos instituteurs »; a-t-il commencé, en citant Charles Péguy; qui selon lui, a écrit là « quelque chose d’extraordinaire » : « C’est vraiment un hommage au monsieur qui a été décapité ».

Fabrice Luchini Bouleversé

Bouleversé par l’assassinat de Samuel Paty, Fabrice Luchini a repris les paroles de l’écrivain; presque un siècle plus tard : « C’est vrai que ce n’était point pour nous des instituteurs ou à peine. Non, non, c’était des maîtres d’école et nos maîtres d’école étaient l’essence de notre société ».

« Ils faisaient le plus beau métier du monde ! Et Ils transmettaient Hugo, Corneille, Racine, La Fontaine. Ils étaient habillés en costume noir avec un liseré violet; nos maîtres d’école », a continué Fabrice Luchini, avant de raconter l’histoire de Charles Péguy, « fils d’ouvrier et paysan d’Orléans » qui a un jour croisé la route d’une personne qui a changé sa vie.

« Il va en 1900 et quelques à l’école. Un professeur génial qui s’appelle le professeur Naudy. Ce maître d’école regarde Péguy et lui dit : ‘il faut qu’il fasse du latin et du grec’, a expliqué le comédien. Et c’est lui qui va arracher Péguy à sa condition de très, très grande pauvreté. (…) À cette époque là l’ascenseur social républicain fonctionnait. » Un discours bouleversant sur l’importance des professeurs, et de Samuel Paty, tué à la sortie de son collège il y a quelques semaines. A la Sorbonne durant l’hommage national, Emmanuel Macron avait aussi honoré sa mémoire

Emmanuel Macron : « Nous continuerons ce combat »

« Samuel Paty fut tué (…) parce qu’il incarnait la République qui renaît chaque jour dans les salles de classe, la liberté qui se transmet et se perpétue à l’école, lançait Emmanuel Macron dans ce lieu symbolique, où une chanson de U2 a résonné. Samuel Paty est devenu vendredi le visage de la République; de notre volonté de briser les terroristes, de réduire les islamistes; de vivre comme une communauté de citoyens libres dans notre pays, le visage de notre détermination à comprendre, à apprendre, à continuer d’enseigner, à être libres, car nous continuerons, professeur. » Le chef de l’Etat avait continué en évoquant « la liberté » et « la laïcité » : « Nous continuerons, oui, ce combat pour la liberté et pour la raison dont vous êtes désormais le visage, parce que nous vous le devons, parce que nous nous le devons, parce qu’en France, professeur, les Lumières ne s’éteignent jamais. »