Dans 6 à la maison, mardi 2 décembre, Patrick Cohen a interrogé Francis Cabrel sur ses débuts d’artiste et les critiques concédées sur sa personnalité. Remarques virulentes que n’a pas oubliées le troubadour.

Francis Cabrel n’a pas toujours été cet artiste que l’on aime aujourd’hui à mourir. De retour avec un nouvel opus A l’aube revenant et une série de concerts; le troubadour continue, pourtant, de ravir nos oreilles avec ses textes plein de poésie et ses mélodies subtiles. Son dernier disque n’a jamais été aussi introspectif, le Gascon se livrant comme jamais sur ses rapports intimistes avec ses pères biologique et spirituel. Mais, malgré ce succès critique et commercial, jamais démenti au fil des années; Francis Cabrel entretient cette image de chanteur qui refuse les lumières des projecteurs. Une discrétion assumée dont la presse culturelle ne goûtait guère.

Patrick Cohen lui a rafraîchi la mémoire dans l’émission 6 à la maison du mardi 1er décembre; « Ce qui est incroyable, c’est que certains à l’époque n’ont pas cru à cette timidité, à cette authenticité, en pensant qu’elle était fausse. » Une personne, notamment, n’a jamais cru au talent de l’auteur-compositeur : un certain Claude Fléouter. « Un homme très influent dans la chanson, il écrivait alors dans le Monde, il a créé ensuite les Victoires de la musique; Fléouter pense que vous êtes un produit marketing, une fabrication de votre maison de disques », comme le rappelle le journaliste de France TV.

« Un pseudo chanteur de romance à la voix criarde et enrouée »

Sa critique du premier album du jeune chanteur de l’époque est terrible. « Et dans le premier papier du Monde qui vous est consacré, il vous traite d’Alain Barrière du pauvre, pseudo chanteur de romance à la voix criarde et enrouée, Francis Cabrel sévira le temps d’une mode, on lui souhaite bien du plaisir », lit ainsi Patrick Cohen à un Francis Cabrel, amusé. Car ses mots, une magnifique carrière plus tard, font doucement rigoler et donneraient des sueurs de honte à son auteur. Mais la cible de cette diatribe n’a pas toujours eu le recul nécessaire et a été touchée dans son âme. « Ca, ça m’avait fait mal, parce que c’était un peu le premier article qui venait après mon premier passage sur scène;  je me suis dit ‘là, vraiment j’ai tout faux, ça m’avait touché cette histoire » a confié l’une des plus belles moustaches de l’Hexagone.